La belle histoire de Manu et Havanitas, été 2004

Havanitas et moi


Le jour où j’ai rencontré Nathalie, lors d’une randonnée à cheval en Espagne, j’étais loin d’imaginer que ma vie allait changer de façon radicale. Tout d’abord, car elle me fit connaître un Centre Equestre où il faisait bon vivre, proche d’une forêt, la forêt de Rambouillet, que je n’allais pas tarder à découvrir.
Puis de ballades en rallyes et de rallyes en compétitions de TREC, je retrouvais avec joie les petits et les grands plaisirs de cette passion pour les chevaux, qui me tenaillait depuis l’enfance, depuis que je rêvais de faire comme les cow-boys et les indiens, comme les Tuniques Bleues, comme Zorro et autres Rusty et Rintintin. Enfin, bref, de faire comme tous ces héros qui partageaient avec leur monture de nombreuses aventures à travers les grands espaces…
Quel fut alors mon émerveillement quand Heike, la patronne du Centre, me désigna « HAVANITAS », avec qui je devrai faire couple pour participer au fameux rallye des Cavaliers d’Amaury (sur le thème des chevaliers, cette année-là, 2001).
Arrivée devant son boxe, je vis cette magnifique tête, altière, aux yeux de velours, tout à tour malins puis interrogateurs à mon égard. Une robe unique : blanche, grise, tachetée de noir, l’appaloosa dont j’avais souvent rêvé se tenait là devant moi, une magnifique jument dans un corps svelte et puissant.
Il faut dire que si son père « Cochise » est un puissant appaloosa, sa mère « Urtoise de Barda »est une magnifique anglo-arabe très racée.

Au cours de cette journée de rallye éreintante il est vrai, mais tellement exaltante, le charme de cette jument continua de faire effet sur moi ; je découvrais les qualités extraordinaires, et notamment son dynamisme, de celle qui allait devenir, je ne le savais pas encore, mon premier cheval.
Les mois passèrent, puis un jour, me trouvant seule pour partir en forêt, je demandais l’avis et les conseils du patron pour savoir si je pouvais partir malgré tout. Avec sa réponse affirmative et son humoristique « dis-moi quand même où tu vas, si je dois aller te ramasser ».
Et me voilà donc partie, pas peu fière, à travers la forêt mais tout compte fait, je n’étais pas seule, j’étais avec « HAVA », qui peu à peu prenait confiance en moi, aussi bien que moi, confiance en elle.
Et, pour la première fois, je ressentis une sensation nouvelle : seule à cheval, je découvris le vrai sens du mot liberté, ce fut la révélation, le déclic, prenant conscience de cette sortie « sans filet » si je puis dire.
(Merci Maman pour les cours d’équitation, qui s’ils n’ont pas fait de moi une écuyère hors pair, me permettent d’avoir les rudiments pour tenir à cheval).

Puis un jour, je sus que HAVA était à vendre, à vendre ma belle HAVA, avec qui je commençais à établir une certaine complicité, à vendre ma belle HAVA à qui j’avais appris à me faire des bisous.

 




Après mûre réflexion, je décidais donc qu’après tout, je pouvais faire office d’acheteur, afin de parfaire cette relation naissante.

Et voilà comment le rêve petit à petit devenait réalité, c’était donc possible d’avoir son cheval à soi. Il suffisait de saisir l’opportunité qui se présentait, et d’avoir la volonté de franchir le pas, du cavalier occasionnel au propriétaire, le pas s’avérant une enjambée ou plus exactement un fossé !!. Ne réalisant pas encore tout à fait ce qui venait de m’arriver, je commençai donc à venir tous les soirs après mon travail pour faire plus ample connaissance, et partager des moments de plaisirs et de détente avec « HAVANITAS » ; partager des moments d’inquiétude aussi quand elle fût malade suite à un problème de « bouchon ».
J’avais beaucoup à apprendre, sur son dressage, elle aussi d’ailleurs, bien débourrée, mais encore pouliche dans sa tête, avait à apprendre.
Ce qu’elle fit, assez vite, à mon contact quotidien, même si j’eus droit à quelques frayeurs, embarquée, au manège ou à travers bois, mais grâce aux conseils des uns et des autres, nous avons progressé l’une et l’autre, et même s’il nous reste encore beaucoup à apprendre, j’espère que nous aurons un long chemin à parcourir ensemble.



Manu